Les vêtements de travail s'affranchissent de leur carcan traditionnel
Les attentes à l’égard des vêtements de travail ont considérablement évolué ces dernières années. Outre la résistance à l’usure et – bien entendu – la protection, la composition en fibres, l’élasticité des tissus et la conception des vêtements gagnent en importance. L’esthétique a également son mot à dire. Aux tenues de travail sobres d’autrefois succèdent désormais des coupes plus tendance et une palette de couleurs plus étendue.
Adaptée à chaque zone du corps
Les poches, les genoux et les manches sont particulièrement sollicités pendant le travail. Les vêtements sont donc souvent renforcés à certains endroits avec des matériaux plus résistants à l’usure. Le Ripstop est, par exemple, un tissu en polyester-coton doté d’une structure quadrillée qui empêche les petites déchirures de s’étendre. Le Cordura est, quant à lui, fréquemment utilisé pour les poches holster et les poches genouillères. Le Kevlar entre en jeu dans les zones nécessitant une résistance accrue à l’abrasion ou aux coupures. Le choix du renfort dépend de la sollicitation à laquelle le vêtement doit résister.
Un tissu robuste ne doit évidemment pas entraver les mouvements de celui qui le porte. C’est pourquoi de nombreux pantalons de travail intègrent des matières stretch au niveau de l’assise, des genoux et de l’entrejambe. Avec le 2-way stretch, le tissu s’étire dans le sens de la longueur ou de la largeur, tandis que le 4-way stretch offre une élasticité dans les deux sens. Les éléments préformés sont eux aussi de plus en plus répandus. Les ceintures adaptées maintiennent mieux le pantalon en place, tandis que les genoux préformés ainsi que les manches et les épaules ergonomiques facilitent les mouvements lorsqu’il faut se pencher, s’accroupir ou travailler les bras au-dessus de la tête.
Le système des trois couches par temps froid
Pendant les périodes froides, le système des trois couches reste une méthode courante pour adapter les vêtements de travail aux conditions météorologiques. La première couche évacue l’humidité de la peau, la couche intermédiaire conserve la chaleur corporelle et la couche extérieure protège du vent et des précipitations. En fonction de l’intensité du travail et des conditions météorologiques, le porteur peut ajouter ou retirer des couches.
Première couche
Une première couche ajustée, portée à même la peau, permet d’évacuer rapidement la transpiration et de réguler la température corporelle. Grâce aux matières qui régulent l’humidité, la peau reste sèche pendant le travail et le corps se refroidit moins rapidement. Les sous-vêtements thermiques remplissent particulièrement bien cette fonction. Respirants, leurs tissus évacuent la transpiration, tandis que leur coupe près du corps et leur conception sans coutures réduisent les plis et les frottements. Les hauts et pantalons thermiques sont disponibles dans différentes versions, avec des niveaux variables d’isolation et de ventilation. Certains fabricants intègrent également davantage de laine dans les zones du corps qui perdent plus rapidement leur chaleur.
Les couches intermédiaires doivent conserver la chaleur sans entraver l’évacuation de la transpiration
Couche intermédiaire
Les couches intermédiaires maintiennent le porteur au chaud tout en poursuivant l’évacuation de l’humidité provenant de la première couche. Elles font également barrière à l’air froid extérieur. L’air emprisonné entre les fibres forme une couche isolante qui retient la chaleur corporelle. Parmi les matières adaptées figurent notamment la polaire, la micropolaire, le duvet et les matériaux de rembourrage, éventuellement dans une version coupe-vent. À l’inverse, les tissus synthétiques peu respirants sont moins indiqués.
Pour cette couche intermédiaire, le choix se porte régulièrement sur un ensemble de travail composé d’une veste et d’un pantalon, ou sur une combinaison. Cette dernière conserve efficacement la chaleur, mais peut quelque peu limiter la liberté de mouvement, en particulier lors des travaux effectués les bras au-dessus de la tête. Il existe différentes versions de combinaisons, qui peuvent être portées aussi bien en été qu’en hiver, par-dessus des sous-vêtements thermiques. Les vestes et pantalons de travail séparés restent bien entendu très appréciés.
Couche extérieure
La couche extérieure protège principalement des intempéries, telles que la pluie, la neige et le vent. Par temps froid, une veste d’hiver avec une face extérieure coupe-vent et imperméable, tout en restant suffisamment respirante, se révèle particulièrement utile. En cas de pluie persistante, mieux vaut opter pour une veste imperméable, éventuellement équipée d’une doublure polaire amovible zippée, associée à un pantalon de pluie. Par temps sec, une veste softshell constitue une alternative intéressante. Légère et à séchage rapide, elle protège du vent et des faibles précipitations tout en préservant le confort.
Haute visibilité
Les conditions de luminosité changeantes, les précipitations et le manque de visibilité compliquent le repérage des personnes présentes sur un chantier, notamment pour les conducteurs de véhicules et les opérateurs d’engins. Les vêtements de travail à haute visibilité, également appelés vêtements de signalisation, réduisent ce risque grâce à l’utilisation de matières fluorescentes et rétroréfléchissantes. En journée et dans la pénombre, les couleurs fluorescentes assurent un contraste plus marqué avec l’environnement. Quant aux bandes rétroréfléchissantes, elles renvoient la lumière vers sa source, par exemple les phares d’un véhicule. Ces deux éléments remplissent donc des fonctions distinctes et complémentaires.
La norme EN ISO 20471 définit les exigences applicables aux vêtements de signalisation. Trois classes sont distinguées en fonction de la surface minimale de matière fluorescente et rétroréfléchissante. Une classe plus élevée correspond à une visibilité accrue du porteur. Le choix de la classe dépend de l’environnement de travail et des risques qui y sont associés.
NORMES DE SÉCURITÉ
EN ISO 13688 : exigences générales
La norme ISO 13688 constitue la norme de base générale pour les vêtements de protection. Elle porte notamment sur l’ergonomie, l’innocuité, le taillage, le vieillissement, la compatibilité, le marquage et les informations que le fabricant doit fournir. Elle ne s’utilise pas seule pour couvrir un risque spécifique, mais en combinaison avec les normes relatives aux performances de protection concernées.
EN ISO 24232: protection contre les intempéries
Conformes à la norme EN ISO 24232:2025, les vêtements de protection couvrent les risques liés aux précipitations sous forme de pluie et de neige, mais aussi au brouillard et à l’humidité du sol. La norme évalue la résistance à la pénétration de l’eau (WP) et la résistance à la vapeur d’eau (Ret), qui correspondent respectivement à l’imperméabilité et à la respirabilité. Ces deux propriétés sont classées sur une échelle de 1 à 4, la classe 4 indiquant le niveau de performance le plus élevé. Une mention supplémentaire précise si le vêtement complet a été soumis à un essai sous pluie. La lettre R indique que cet essai a été effectué, tandis que X signifie qu’il ne l’a pas été.
EN 342 : protection contre le froid
Destinés aux environnements froids caractérisés par des températures de -5 °C ou moins, les vêtements de travail certifiés EN 342 font l’objet d’une évaluation de leur isolation thermique. Celle-ci concerne les ensembles vestimentaires, tels que les tenues deux pièces et les combinaisons intégrales. Le niveau d’isolation est indiqué par la valeur Icler : plus celle-ci est élevée, meilleure est la protection contre le froid. La perméabilité à l’air (AP) est également répartie en trois classes, la classe 3 correspondant à la résistance au vent la plus élevée. Un essai complémentaire facultatif mesure la résistance à la pénétration de l’eau (WP). Deux classes sont prévues à cet effet, la classe 2 étant la plus performante.
EN ISO 20471 : vêtements de signalisation
Les vêtements de signalisation conformes à la norme EN ISO 20471:2013+A1:2016 améliorent la visibilité du porteur dans les situations où celui-ci risque de ne pas être repéré à temps. La norme distingue trois classes en fonction de la surface minimale de matière fluorescente de fond et de bandes rétroréfléchissantes. La classe 3 impose les exigences les plus strictes, avec au minimum 0,80 m² de matière fluorescente et 0,20 m² de matière rétroréfléchissante.
Le coton côtoie de nouvelles matières
Le coton traditionnel reste un grand classique pour les T-shirts et les polos, mais il est aujourd’hui de plus en plus souvent associé à d’autres matières. Le polyester recyclé, le coton biologique et le Tencel font leur apparition dans un nombre croissant de collections. Le bambou trouve lui aussi sa place dans les vêtements de travail. Ses propriétés antibactériennes contribuent notamment à limiter les odeurs indésirables.
Même les tissus dotés de propriétés antistatiques et ignifuges gagnent en souplesse
Une diversité de propriétés textiles
La composition des tissus et les propriétés qu’ils confèrent au vêtement sont tout aussi déterminantes. Les fibres stretch améliorent la liberté de mouvement, les matières qui régulent l’humidité évacuent la transpiration et les fils résistants à l’usure renforcent la tenue face à une utilisation intensive. Après des lavages répétés, les tissus doivent conserver autant que possible leur forme, leur couleur et leurs propriétés fonctionnelles. Leur élasticité permet en outre d’adapter plus facilement la coupe aux différentes morphologies.
Les tissus dotés de propriétés antistatiques et ignifuges ne doivent plus nécessairement être lourds ou rigides. Le niveau de protection requis reste évidemment prioritaire, sans pour autant exclure des étoffes souples et une liberté de mouvement suffisante.
Le workwear prend des accents lifestyle
La frontière entre vêtements de travail et tenues de loisirs s’est progressivement estompée ces dernières années. De plus en plus d’utilisateurs, en particulier parmi les jeunes générations, ne veulent plus avoir à choisir entre protection et esthétique. Les vêtements professionnels évoluent vers des tenues plus sportives, aux coupes ajustées et aux finitions plus soignées. Cette tendance est amorcée depuis plusieurs années, mais s’affirme de manière toujours plus marquée.
Couleurs et designs les plus prisés
Cette évolution des mentalités se reflète également dans le choix des couleurs. Aux côtés du noir, du bleu foncé et du vert, les collections font désormais la part belle au vert olive, au terracotta et au beige sable, souvent associés à l’anthracite ou au blanc. Les couleurs vives restent généralement réservées à certains détails, par exemple aux éléments de signalisation ou à l’identification du logo de l’entreprise. Les préférences vont davantage aux associations de couleurs sobres, qui se distinguent moins nettement des vêtements de tous les jours.
Sur le plan du design, une nette évolution vers le minimalisme se dessine. Les coupes épurées, le positionnement discret des logos et l’aspect sobre séduisent davantage que les imprimés chargés.
Une coupe plus féminine
La morphologie féminine est longtemps restée au second plan. De nombreux modèles sont encore conçus sur la base de mensurations masculines, ce qui entraîne des problèmes d’ajustement. Les femmes ayant généralement les épaules plus étroites et un rapport taille-hanches différent, l’excédent de tissu au niveau des épaules et de la taille peut gêner les mouvements ou s’accrocher quelque part, tandis que l’espace disponible au niveau des hanches peut s’avérer insuffisant. Pour mieux tenir compte de ces différences, les fabricants développent des modèles féminins distincts, des grilles de tailles adaptées et des coupes spécifiques.
En collaboration avec Belconfect, Dassy, Delta Plus, Fristads, Milwaukee, Sioen & SYNQ® workwear, Rox et VIP Safety