Les pompes à chaleur gagnent du terrain, mais les installateurs sont confrontés au manque de personnel et à une charge de travail élevée
La transition énergétique se poursuit clairement dans le secteur des installations. La pompe à chaleur est désormais devenue la norme dans les constructions neuves et la demande augmente rapidement dans les rénovations également. Dans le même temps, le secteur reste confronté à des défis persistants, tels que le manque de personnel qualifié, les charges administratives et une concurrence croissante. C’est ce qui ressort de la nouvelle enquête sectorielle de Bouwunie.
En bref
Les pompes à chaleur gagnent du terrain : 90 % dans les constructions neuves et 79 % dans les rénovations ; le gaz reste important dans les rénovations (89 %), les systèmes hybrides 51 %.
Seuls 11 % ont du travail pour plus de six mois ; les carnets de commandes et le volume de travail ont diminué par rapport à l’an dernier.
Le manque de personnel reste un problème majeur (61 %), ce qui entraîne une charge de travail élevée à très élevée pour les trois quarts des installateurs.
Les charges administratives restent lourdes (65 %) et la pression concurrentielle s’accentue, avec les entreprises énergétiques et les achats en ligne comme acteurs supplémentaires.
Le besoin de formations complémentaires augmente, surtout pour les pompes à chaleur (55 %), puis pour l’équilibrage hydraulique et les techniques frigorifiques.
La pompe à chaleur n’a pas encore le monopole
La pompe à chaleur poursuit son essor. Dans les projets de construction neuve, 90 % des installateurs interrogés installent désormais des pompes à chaleur, contre 85 % l’an dernier. L’association avec des panneaux solaires et/ou un chauffe-eau solaire gagne également en popularité et est adoptée par 58 % des installateurs. Par ailleurs, 78 % installent aussi des systèmes de climatisation.
Cette croissance se poursuit également dans les rénovations, où la part des installateurs qui posent des pompes à chaleur est passée de 66 % à 79 % en un an. Là aussi, elles sont régulièrement associées à des panneaux solaires et/ou à un chauffe-eau solaire (41 %), tandis que 76 % des installateurs posent aussi des systèmes de climatisation.
Pourtant, le chauffage traditionnel est loin d’avoir disparu. Ainsi, 89 % des installateurs ont encore posé une chaudière à condensation au gaz lors de rénovations au cours des derniers mois. Le coût d’investissement plus élevé des solutions alternatives et le grand nombre d’installations à remplacer expliquent notamment pourquoi le gaz continue provisoirement à jouer un rôle important. Les systèmes hybrides gardent également leur place, puisque plus de la moitié des installateurs (51 %) en posent encore dans les rénovations.
Moins de travail et des carnets de commandes moins remplis
Bien que la majorité ait encore suffisamment de travail, la situation économique est moins confortable qu’il y a un an. Ainsi, 61 % jugent le volume de travail actuel bon, tandis que 22 % indiquent ne pas avoir assez de travail. De plus, 17 % ont juste trop de travail.
Pour les prochains mois, 22 % s’attendent donc à avoir davantage de travail, 62 % prévoient un volume de travail similaire et 16 % anticipent une baisse. Pourtant, près d’un installateur sur trois estime que la situation actuelle est moins bonne qu’il y a un an.
Les carnets de commandes sont également moins bien remplis. Seuls 11 % ont du travail pour plus de six mois, tandis que le carnet de commandes de 39 % d’entre eux ne va pas au-delà de trois mois.
Le manque de personnel maintient la charge de travail à un niveau élevé
Le manque de personnel qualifié reste l’un des principaux défis du secteur des installations. Pas moins de 61 % des installateurs le citent comme un obstacle majeur. Dans les entreprises qui emploient du personnel, cette proportion atteint même 73 %.
La recherche de professionnels qualifiés reste donc d’actualité. Ainsi, 30 % ont recruté du personnel supplémentaire au cours des derniers mois et 20 % prévoient de nouvelles embauches. Dans le même temps, 14 % ont licencié des employés ou ne les ont pas remplacés. La collaboration avec des collègues pourrait être une solution, mais elle reste relativement peu fréquente. Ainsi, 27 % ne travaillent jamais avec d’autres installateurs et 47 % le font rarement.
Dans le même ordre d’idées, 38 % des installateurs estiment que leur charge de travail est trop élevée et ne parviennent pas à trouver un bon équilibre entre travail et vie privée. En outre, 38 % jugent leur charge de travail élevée, mais parviennent pour l’instant à la concilier avec leur vie privée. Au total, cela signifie que trois quarts des installateurs sont confrontés à une charge de travail élevée à très élevée.
Le poids de l’administration et de la concurrence
Outre le manque de personnel, les lourdeurs administratives restent une source importante de frustration. 65 % des installateurs les considèrent comme un problème. Ce chiffre est certes inférieur à celui de l’an dernier (77 %), mais la pression reste forte. Les nombreux certificats, attestations et formations obligatoires sont également considérés comme problématiques par 59 % des installateurs.
Par ailleurs, la pression concurrentielle s’accentue. La moitié des installateurs constatent que les fournisseurs d’énergie interviennent de plus en plus sur leur terrain, surtout dans les travaux d’entretien (73 %) et les installations (57 %). Les achats en ligne et l’installation par les clients eux-mêmes sont également une source d’inquiétude pour les installateurs.
De nouvelles compétences
La progression continue des techniques durables nécessite également de nouvelles connaissances et compétences. Les installations de pompes à chaleur arrivent à nouveau en tête de la liste des compétences nécessitant une formation complémentaire, avec 55 %.
Viennent ensuite l’équilibrage hydraulique des installations (38 %), les techniques frigorifiques (36 %) et les techniques générales de montage (33 %). À mesure que les pompes à chaleur représentent une part croissante des travaux d’installation, le besoin en professionnels capables de dimensionner, d’installer et de régler correctement ces systèmes augmente lui aussi.
Le secteur des installations à un tournant
Les résultats de l’enquête de Bouwunie montrent un secteur en pleine mutation. Les installateurs répondent activement à la demande croissante de pompes à chaleur et d’autres techniques durables, mais se heurtent en même temps à des défis structurels tels que le manque de personnel, les charges administratives et la concurrence croissante. À cela s’ajoute un contexte économique moins favorable, qui fait qu’un nombre croissant d’entreprises ont moins de travail qu’elles ne le souhaiteraient.
La transition énergétique offre donc des opportunités au secteur, mais exige également une attention constante à la faisabilité du travail, à la compétitivité et à l’attractivité du métier d’installateur.
Source : Bouwunie